Klixte croque la pomme d'Adam

dimanche 11 janvier 2009

Les dernières chroniques de Clément, agrémentées de quelques commentaires imprudent de ma part ont, semble-t-il, installé une atmosphère de guerre froide entre moi et la principale lectrice de ce blog, à savoir ma sœur.
J'ai choisi de ne pas attendre que cette dernière mette à exécution les menaces à peine voilées qu'elle exprime (dans les commentaires du billet de Clément et sur son blog) et d'exposer moi-même les raisons de notre principal contentieux avant qu'elle ne le fasse dans le registre fantasque qui la caractérise.

En mai de l'année défunte, ma sœur s'est trouvé un mec. Je veux dire par là un partenaire de sexe masculin avec lequel elle s'est engagée dans une relation à peu près fonctionnelle sur une période de plus de 72 heures, pas un de ses intermèdes habituels.

-"Tu vas voir." Me disait-elle. "Il est grand, fort, beau, intelligent."
Et je répondais de mauvaise grâce.

-"C'est ce que tu dis de moi aussi la plupart du temps. Et ça ne me rassure pas dans la perspective où tu te trouves de le présenter aux parents."

-"Et en plus, il baise comme un dieu." Poursuivait-elle sans m'écouter.
Devant toutes mes réticences, sont argument ultime était :

-"Griotte le trouve sensass, plus que sensass, mieux que sensass."
Un jour, devant mon énième refus de reconnaître la pertinence du jugement d'une jeune fille prête à offrir son cœur, sa vertu et son appartement à un garçon sous prétexte qu'il était capable de lui déclamer du Kyo en la regardant dans les yeux, Framboise m'adressa cette proposition en forme d'ultimatum.

-"Samedi on fait un tennis. Tu n'as qu'à venir constater de visu qu'il n'aurait pas besoin de mettre le paquet pour que les parents soient emballés."
J'acceptai du bout des lèvres tandis que ma frangine s'esclaffait de son approximatif jeu de mots. Elle tient moins bien la vodka/melon qu'elle ne le prétend.

Quand j'arrivai au tennis club du sieur Baptiste, ma sister et son béguin m'attendaient accotés à une somptueuse Aston Martin qui me fit si bonne impression que j'étais déjà prêt à reconnaître toutes les qualités du monde à son propriétaire à condition qu'il me la laisse conduire au moins une fois.
Une fois sur le court et comme s'il avait lu dans mes pensées, Baptiste et moi laissâmes Framboise gagner les deux premiers matches pour nous jouer la belle entre hommes. Ce fut un adversaire de jeu fort intéressant et j'acceptai avec plaisir son invitation à partager avec eux le dîner qu'il allait faire livrer chez ma sœur.
Cette dernière jubilait extérieurement. J'imagine qu'intérieurement elle avait déjà fait sous elle de contentement.
Le dîner fut passable et les vins pas si mauvais (Nous avons appris à être difficile sur ce point dans la famille). La conversation par contre, fut brillante et bientôt, mon aspirant beau-frère se retrouva avec non pas une mais deux admirateurs suspendus à ses lèvres.
Baptiste et moi prîmes congé de concert juste après le débarquement lacrymal de Griotte (la coloc de ma frangine). Entre deux sanglots hoquetant, nous comprîmes que son boyfriend, excédé par les attentions que la demoiselle prodiguait à son furet, avait piqué une crise de jalousie (bien compréhensible quand on est un adolescent fragile…) et l'avait envoyée balader, en refusant de lui prêter se Wii de surcroît. Framboise étant mieux équipée que nous pour ce genre d'opération de sauvetage, nous nous sommes éclipsés en courant.
Arrivés à ma voiture, Baptiste me tendit sa carte.

-"Ca serait cool que tu m'appelles." Me dit-il d'un timbre curieusement grave.
-"Pourquoi donc ?" Demandais-je, un peu méfiant.
-"On verra ça ensemble." Répondit-il sans me lâcher du regard.
Je souris et le remerciai, ta tête un peu embrouillée. Par le Pauillac, sans doute. Mais Baptiste n'avait pas fait trois pas que je sortais mon portable pour composer son numéro. Il se retourna en souriant et m'embarqua illico presto dans sa sublime voiture pour une virée à toute allure dans les rues de Paris.

Les choses devinrent moins évidentes un fois arrivés à sont appartement. Il fit mine de me proposer à boire sans aller au bout de son geste. De mon côté, je pensais à lancer l'idée d'un poker ou d'un porno sans trouver cette alternative convaincante.
Je décidai donc de puiser l'inspiration chez mes proches et me mis à réfléchir à ce qu'ils feraient dans ces conditions. Jouer sur la Xbox où à WOW en ligne à la manière de Coruscant ou d'Estèphe m'apparaissait d'un coup bien puéril. Sortir une paire de Daum pour déguster un grand Bourgogne en discutant art et philosophie à la manière du Graphopathe me semblait du dernier chiant et s'allonger sur la moquette pour écouter Muse en fumant des joints comme le fait Clément, un brin irréfléchi pour une première rencontre. En désespoir de cause, je tournai mes pensées vers Framboise et me trouvai bientôt à faire la seule chose qui me parut naturelle dans ce cas de figure : sauter au visage de Baptiste et lui rouler une pelle du tonnerre de Zeus. Je m'attendais à un vague mouvement de recul qui ne vint pas et trouvai dès lors relativement normal qu'il entreprenne de me déshabiller sans quitter mon visage de la langue.
Nous nous aperçûmes très vite que l'effeuillage d'un mec passe par des codes diamétralement opposés à celui d'une fille. Je ne crois pas avoir jamais autant pesté sur une agrafe de soutien-gorge que sur la boucle de sa ceinture et quand nos chemises rejoignirent le sol, ce fut avec quelques ouvertures de plus et maints boutons de moins.
En sous-vêtements tous les deux, nous nous faisions face quand il glissa brusquement sa main dans mon boxer.

-"Toi, je te veux." Me souffla-t-il, visiblement assez décidé.
J'étais partagé entre la caresse égocentrique de son enthousiasme et la répulsion vague de son nombril hirsute (mes abdos à moi sont impeccablement glabres). Nous nous laissâmes malgré tout glisser sur le tapis. Baptiste sentait bon. Une odeur fraîche avec une pointe d'âcreté pas désagréable. Que font deux garçons qui se retrouvent tête-bêche au sol… Est-il vraiment nécessaire de vous faire un dessin ?

Quand, à bout de résistance, Baptiste se dégagea pour m'emmener sur son plumard, il dû comprendre que la suite des événements n'irait peut être pas de soi.
D'un mouvement imprévisible, il me fit basculer sur son épaule, me porta jusqu'à la chambre et me lança nonchalamment sur le matelas avant de se lancer sur moi et de m'y plaquer.

-"On lutte pour savoir lequel s'y colle ?" Demanda-t-il d'un ton enjoué.
J'acceptai sans répondre et tentai de me dégager de son étreinte. Mais il fallait bien avouer qu'il est bien plus lourd, plus musclé et mieux entraîné que moi. La joute arriva vite à son terme et je pensais à mes copines Coco et Missia quand mon adversaire entreprit de savourer pleinement sa victoire. Elles avaient finalement pas mal préparé le terrain au type qui s'affairait entre mes cuisses en poussant des "han" qui me laissèrent penser que je ne pourrais plus jamais me trouver face à lui sur un court de tennis.
Quand il se laissa tomber sur moi en riant pour me mordiller l'oreille en y glissant de temps à autre quelques salacités, je me sentis autorisé à lui rappeler quelques règles de bienséances.

-"Tout cela était bien beau. Mais ce serait élégant de me rendre la politesse. Tu ne trouves pas ?"
Toujours hilare, mon partenaire se retourna pour que je puisse le prendre à mon tour en tout confort. La sensation de ses jambes poilues me fit vaguement penser à des collants en alpaga mais je chassai bien vite cette idée de mon esprit pour me concentrer sur le vif du sujet.
C'était étroit et chaud et indubitablement agréable. Nous explorâmes donc quelques variations sur le même thème avant de nous endormir.

A mon réveil, je me demandai comment je pouvais me trouver dans une telle situation sans avoir la gueule de bois.
Les baisers matinaux de Baptiste m'évoquèrent la laine de verre, la brosse de chiendent et mon peeling a l'écorce de cocotier. Sous la douche, je songeais au meilleur moyen de prendre la tangente. Il devait avoir à peu près les mêmes trucs que moi et ne se laisserait sans doute donc pas avoir si facilement. J'essayais de me rafraîchir les idées quand mon compagnon de débauche me rejoignit dans la cabine pour quelques épreuves nautiques.
Quelques heures plus tard, je n'avais plus vraiment envie d'aller nulle part. Baptiste était effectivement beau, grand, fort, intelligent et baisait, à n'en pas douter, comme un dieu. Que demander de plus ?
Une paire de nichons peut être…

Le téléphone nous tira du sommeil où nous sombrions entre deux épisodes tantriques.

-"C'est ta sœur." Me dit Baptiste en reposant le combiné à la tête du lit. "Elle voulait savoir si je pouvais venir lui ouvrir les portières de ta voiture histoire qu'elle te l'emprunte. Elle croit que tu l'as oubliée en bas de chez elle avant-hier."
Avant-hier. Le mot résonnait bizarrement dans mon cerveau. Je consultai ma montre pour constater que nous étions lundi et qu'à cette heure, j'étais censé représenter mon boss (et donc, quelques part, mon pays) à je ne sais quelle inauguration. Sur ce coup là, j'allais me faire incendier grave.
Perdu dans mes sombres pensées, je répondis machinalement à mon portable qui sonnait.

-"Frangin !" s'écria Framboise. "Baptiste est dans le coin ?"
Sans réfléchir une seconde, je tendis l'appareil à l'intéressé qui avait quitté la pièce.

-"Bande de rats." Vitupérait ma sœur dans la petite boîte. "Je suis sûr que vous avez fait la tournée des grands ducs et peut être même que vous avez ramené des filles…."
Je coupai court à la conversation. Assis devant son portable, le copain de ma sœur semblait effondré.
-"Mon job vient de m'appeler. Je devais m'occuper d'un truc hier. J'ai merdé grave en laissant filer et je viens de faire perdre un gros client à ma boîte."
Nous nous regardâmes pendant un long moment de consternation.
-"Qu'est ce qu'on va faire ?" Finit par me demander mon compagnon d'infortune.
-"Je crois que le mieux, c'est de se barrer." Dis-je, l'air détaché. "Loin."
-"Cool !"
S'écria Baptiste soudain rasséréné. "Et pour Framboise ? On fait quoi ?"
-"Rien."
Dis-je avant de me souvenir de la nature fouineuse de ma frangine. "Où plutôt si. Tu lui dis tout. Au moins, comme ça, elle ne cherchera pas à savoir."
-"Je m'occupe de récupérer un peu de pognon pour partir et puis je… j'appelle ta soeur. Et toi, tu fais quoi ?"
Demanda mon comparse en bondissant sur ses pieds.
-"Moi je file récupérer ma bagnole avant que cette petite punaise ne me l'abîme avec sa coloc nympho et le furet psychopathe. Ensuite, tu me rejoins à mon hôtel et on fait le mort jusqu'à ce qu'on s'en aille."
-"Et on part où ?"
-"Où tu veux. Du moment qu'on part vite."
J'enfilai ma veste pour sortir et me ravisai aussitôt. "Non ! Tant pis si ça prend plus de temps. Essaie de trouver une destination que Framboise soit incapable de trouver sur une carte. C'est pas très difficile. Tous ce qui est à droite en sortant de l'Alsace, elle connaît pas. Je ne veux pas savoir ce qui se passera quand elle apprendra que je suis allé plus loin qu'elle dans la turpitude."


Voilà, c'est comme ça que c'est arrivé.

10 commentaires:

Framboise a dit…

Mon doux et adorable frangin,
faire ton coming-out et ainsi me couper l'herbe sous le pied dans ma tentative de délation, c'est très bien, très digne.
Tu es merveilleux.

Par contre je ne peux m'empêcher de constater que tu parviens encore à tout me mettre sur le dos avec une simple petite phrase :

En désespoir de cause, je tournai mes pensées vers Framboise et me trouvai bientôt à faire la seule chose qui me parut naturelle dans ce cas de figure : sauter au visage de Baptiste et lui rouler une pelle du tonnerre de Zeus.

Ce serait donc MA faute si tu m'as piqué l'homme de ma vie ?
Tu es ignoble !
Je ne sais pas encore comment mais me vengerai !

Anonymous a dit…

oh ouiii venge toi ^^je ne raterai cela sous aucun pretexte ( va se chercher du pop corn )
circée

Le Graphopathe a dit…

Et bien ! Il semblerait que j'aie loupé quelques épisodes cet été.

Et pour ma gouverne (tu es prié de me répondre) c'est le modèle des verres ou le Vosne-Romanée que tu trouves emmerdant ?

Cl'm a dit…

Non, mais t'es pas bien de raconter que je passe mon temps à fumer des joints, toi !?!
Mieux vaut se taire et passer pour un con que de l'ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet. Médite un peu.

Framboise, ma chère, vous êtes inspiratrice de passion. Ca devrait plutôt vous flatter.

Framboise a dit…

Tiens, je ne suis pas la seule fâchée mon chéri.
Quand tu auras bien énervé tes colocataires de blog avec tes remarques déplacées et qu'ils t'auront mis à la porte, tu pourras toujours frapper au boudoir de ta miséricordieuse petite sœur.

Clément : vous êtes moqueur , je n'aime pas ça.

Anonymous a dit…

Roooooh, Framboise, t'es trop dure avec ton frangin. Il est tellement kawaiiiiiii.
Et en plus il parle de moaaaaaaa (et de poupoune *0*)


Grotte

Anonymous a dit…

Mon nom c'est GrIotte. Moi doit avait fourcher.

Grotte

Anonymous a dit…

T_T

Framboise a dit…

Griotte, je t'avais dit de ne pas commenter sans moi.
(merveilleux frangin, vilain Clément, mon petit Graphopathe sucré, je suis vraiment vraiment désolée, je prenais un bain, elle a pas su attendre. )

Le Graphopathe a dit…

Et tiens, Calixte, pendant que j'y pense, et après ces dernières nouvelles, il faudra un jour que je te fasse une démonstration de discussion philo quand je suis seul en présence d'un beau mâle bourré d'hormones.

A merde, je peux pas. J'ai déjà joué à Star Wars avec sa soeur...