Mais tout ce que je pouvais ça n'était pas encore assez

mercredi 23 juin 2010

Virgile,


Et ben non, comme tu vois, je ne suis pas à ton enterrement. Je préfère rester à la fac et participer aux délibérations de fin d'année parce que c'est plus amusant de voir des académiques s'empoigner parfois pas que verbalement que de me morfondre devant un cercueil gravé à ton nom. J'ai pas envoyé de fleurs non plus d'ailleurs. Pour toi j'avais juste envie de cactus bien hideux et piquants, mais j'ai eu pitié des employés des pompes funèbres.
J'imagine quelque part que ta mère pensera que, même venant de quelqu'un comme moi, cette absence est une forme de désapprobation de ton geste. Qu'est-ce qu'elle doit avoir honte, de toi peut être, une fois de plus. La bonne blague !
Je ne suis pas venu parce que filer des coups de pieds dans une bière, ça se fait pas.

Parce qu'en fait, elle a un peu raison, ta mère. Je désapprouve. Farouchement !
Mais tu t'en fous, c'est sûr.
Tu te fous de tout depuis un moment j'imagine puisque ton projet devait déjà être bien arrêté la dernière nuit que tu as passé à la maison. On peut voir les choses ainsi, n'est-ce pas ?
Je m'en suis rendu compte hier soir parce que mon sommeil est un peu difficile en ce moment.
Que tu vides le bar, ça m'a toujours plutôt amusé, et puis j'étais toujours partant pour te filer un coup de main. Mais mon armoire à pharmacie… tu abuses. Et s'il n'y avait que la mienne…

Je suppose qu'en sale égoïste que tu es, tu ne t'es pas posé une seconde la question de savoir ce que ça nous ferait de nous dire qu'en plus de ne pas avoir remarqué que nous étions sur le point de te perdre nous t'avons tous les trois offert ton dernier verre.
Moi j'ai décidé de m'en foutre, pour les autres je ne sais pas.

Dans le monde que nous partagions toi et moi, en ce moment, je serais sans doute en train de descendre aux enfers pour tenter d'entuber Hadès d'une manière ou d'une autre et te ramener par la peau du cul pour te faire payer ce que tu as fait. Mais le seul réel enfer maintenant, c'est de savoir que tu n'es plus là et que tu n'y seras plus jamais.
C'était bien malin de m'apprendre à ne pas me foutre en l'air pour finalement le faire à ma place.

Et merde ! Trois quarts de page et j'ai encore rien dit de ta vie. Tu parles d'un éloge funèbre. J'en dirai rien en fait. Ca je le garde pour moi seul. C'est tout ce qui reste, alors… Donc pour les autres : circulez, y'a rien à voir !


Il y a peu de chance que nos routes se croisent à nouveau, Virgile. Mais si par hasard je passe un jour dans le bled pourri où ta famille a fait monter son caveau, je te promets, j'irai cracher sur ta tombe.

Si j'avais au moins revu ton visage

dimanche 20 juin 2010






Il disait "Suicidez-vous jeune, vous profiterez de la mort."
Je ne savais pas que tu lisais Desproges.




edit : Connard !

No regrets, they don't work

samedi 19 juin 2010

"Ah, la vieille ! Ca faisait un certain temps qu'elle perdait ses tartines. Comme on disait en rigolant avec mes sœurs, il lui manquait quelques frites au sachet. Hein maman ? (gloussements)
Non, faut dire que des conneries, elle savait en faire.
Déjà, elle était complètement incontinente et elle se pissait partout dessus parce qu'elle voulait se mettre ses langes elle-même. Elle vivait au milieu d'une flaque permanente, Marc-Antoine (son mari) l'avait surnommée la dame du Lac. Hein maman ?
Et puis elle continuait à fumer. En cachette évidement. Elle pouvait pas le faire à la maison de retraite. Et ça, je dois dire, c'est encore un truc pour lequel elle se débrouillait franchement bien. Les infirmières n'avaient pas trop de soupçons. Enfin… pas tout le temps.
Parce que de temps en temps, c'est arrivé, comme elle était un peu dans le mou, elle se rendait pas bien compte que les cendres tombaient. Alors ça s'incrustait dans son lange et puis elle sortait se balader dans les couloirs avec son déambulateur et son lange qui fumait de plus en plus. Vous imaginer la panique, une vieille en feu dans les couloirs ! (gloussements prolongés)
Ah c'était une grosse cachotière, hein maman ?"


Cette petite évocation vous était offerte par ma collègue Marie-Cécile aux obsèques de sa mère. Elle a bien décapé le principe d'éloge funèbre je dois dire. Parce que personne n'a rien dit d'autre au sujet de la disparue.
Psyché et moi avons échangé quelques regards effarés mais les proches n'ont pas bronché, le prêtre "de famille" avait l'air de trouver ça très instructif. Pas de raisons de s'inquiéter donc.

Your eyes are mystery, mine is an open book

Je suis un monstre d'indifférence.

Ce week end, ma collègue Marie-Cécile a perdu sa maman.
Marie-Cécile, je vous en reparlerai sans doute un jour, c'est ma spécialiste en propos déplacés. S'il y a un truc à ne pas dire ou une formulation maladroite à éviter, inutile de faire attention à ce que vous dites, c'est Marie-Cécile qui la servira au moment le plus inopportun pour la plus grande jubilation de ses fans (dont je fais partie).
La pauvre ce trouve donc face un deuil cruel et il nous semblait logique à nous, ses collègues, de lui signifier notre soutien en nous rendant au funérarium après notre journée de travail.

Le rendez-vous est pris et, vers 16h15, nous embarquons dans les voitures des quelques collègues dévoués qui feront la navette.

L'ambiance est celle qui sied à ce genre d'endroit. Le corps repose dans un cercueil sobre et le visage de la défunte n'est pas particulièrement avenant mais je n'ose pas trop en faire la remarque à ma collègue Psyché qui vient de trébucher sur une jardinière et n'a besoin que d'un geste de ma part pour partir dans un de nos habituels, tonitruants et, généralement, embarrassants fou rires. Les yeux me piquent un peu quand je passe devant la dépouille mortelle.
A la sortie de la chapelle, Marie-Cécile nous attend, visiblement éprouvée et, même si nous ne sommes pas proches du tout, ça me peine un peu de la voir dans cet état.
Je me penche pour l'embrasser.
-"Toutes mes condoléances, Marie-Cécile."
L'interpellée serre ma main et me fixe un long moment. C'est un peu gênant parce que je dois ressembler à un lapin russe avec mes yeux tout rouges. Elle pose son autre main sur mon avant bras et l'agrippe.
-"Merci. Ca me touche beaucoup de te voir si ému. Ta sensibilité est vraiment émouvante."
Je lui adresse un petit sourire triste et laisse ma place à Psyché qui a recouvré calme et solennité.
Une fois dehors le remord commence à me ronger. Pauvre Marie-Cécile. Je ne pouvais pas lui dire que j'ai fait des exercices au tableau toute la journée, que j'ai de la craie sur mes lentilles et que mon émotion, en fait, c'est de la conjonctivite.
Mais quand même.


PS : Jésus, Marie, Joseph. Pour illustrer le billet, j'ai voulu aller taper "conjonctivite" dans Google images. Je le conseille aux amateurs de sensations fortes.

Un jour à marquer d'une pierre blanche

vendredi 18 juin 2010










Crâne aux papillons, Philippe Pasqua

Souris puisque c'est grave

Bon, aujourd'hui, trêve de salade, rendons à César ce qui est à César.
Parce que, depuis le temps que je me gausse de ses réparties inadéquates, sa chambre à air abdominale et ses méthodes pour le moins avant-gardistes, j'ai un peu l'impression de rendre de Marie-Cécile une image qui n'est pas à la hauteur de sa motivation (à défaut de son savoir faire).

Après une bonne quinzaine de jours d'absence, j'ai réintégré, hier, mon établissement d'enseignement préféré pour apprendre que mon estimée collègue susnommée ne reparaîtrait pas avant janvier.
Donc, comme il est vrai que, s'il ne me viendrait pas à l'idée d'en adopter une comme animal de compagnie, je l'aime bien quand même, notre Marie-Cécile. Je m'inquiète donc de la situation.

-"Et il s'est passé quoi ?"
Psyché fait la moue avant de répondre.
-"Elle a attrapé mal au ventre dimanche et comme ça n'est pas passé de la nuit, elle s'est présentée aux urgences hier matin. Et ils l'ont gardé."
-"Et c'est grave ?"
La consternation assombrit d'un coup le visage de ma coéquipière. Mais il s'agit là de cette nuance de désenchantement particulière qui ne s'applique qu'à une seule personne bien précise.
-"Je suis allée la voir hier. Comme on avait fini à midi, on a fait un saut au C.H.R. (Centre Hospitalier Régional) avec Katherine."
-"C'est aimable de votre part."
-"Ouais, je sais. Donc on arrive, on lui demande comment ça va. Et là, elle se met à pleurer à chaudes larmes."
-"Houlà !"
Je ne suis plus très sûr que l'anecdote va se terminer par des chansons.
-"Donc, tu imagines, Katherine et moi, on se regarde, bien embêtées. On essaie de lui faire dire ce qui ne va pas. Et…"
-"Et ?"
Psyché esquisse un geste désinvolte.
-"Elle nous explique entre deux bouillons qu'avec ça, elle n'a pas préparé ses questions d'examen et qu'elle ne pourra pas vérifier la C3 chez les cinquièmes."
-"Et… pour sa maladie."
-"Un début d'appendicite."
-"Ah ! Et ça l'inquiète ?"
-"Pas du tout. C'est à peine si elle nous en a touché un mot."
-"Ah…"
-"Quelle conne !"
-"Quelle conscience professionnelle tu veux dire ?"

Du cresoxipropanediol, en capsule

jeudi 17 juin 2010

"C'est un peu calme en salle des profs en ce moment. Chacun est égal à lui-même, mais il manque la petite touche acide de tes réflexions pour que ce soit vraiment amusant." Me confiait Psyché, mercredi, dans son dernier mail.
De mon côté, si la perspective de revoir mes collègues était aussi attrayante qu'angoissante, c'est surtout l'absolue nécessité de connaître le programme de la semaine prochaine qui m'a décidé à faire un saut jusqu'à l'école, hier, pour être cueilli, avant même d'avoir refermé la porte par un :
-"Ah, t'es revenu. C'est que ça va mieux alors !"
Le rayonnant sourire "vérifie-que-j'ai-pas-du-persil-entre-les-dents" de Marie-Cécile m'accueille tandis qu'une gêne s'installe déjà à l'arrière plan.
-"Ta notion de la cause et de l'effet est amusante. Mais si je suis ici, c'est parce qu'il y a des choses qui me manquaient trop."
-"Ah ?"
-"Mon horaire d'examen, par exemple."
Et sur un clin d'œil à Psyché, je m'éclipse à la recherche de l'emploi du temps perdu tandis que les vociférations de la calamiteuse historienne me poursuivent dans le couloir.
-"Tu vas voir, c'est chouette. Cette année on a tous un jour de libre pour les corrections."
Les renseignements pris, je reviens casser les croûte avec mes semblables.
-"Alors, t'as vu, c'est chouette, hein ! Un jour rien que pour les corrections."
Je la fixe avec un sérieux papal.
-"Pas moi. Moi je viens tous les jours."
Son expression faciale trahit l'arrêt de toutes les autres fonctions cérébrales au bénéfice du traitement de l'info. Parfois c'est nécessaire.
-"Oui, mais bon… on est quand même plus cool et… et… c'est pas comme si Noël tombait le 24."
L'argument m'interpelle.
-"Marie-Cécile, Noël tombe tous les ans le 24."
Elle hausse les épaules.
-"Le réveillon je voulais dire. C'est toujours embêtant quand il tombe le 24."
Gabrielle intervient.
-"Je crois qu'elle veut dire que la fin de l'année est plus fatigante quand on termine la deuxième période le jour du réveillon de Noël."
-"Ah oui, vu comme ça…"
Je m'assois à côté de Psyché dont le visage semble taillé dans le bronze. Elle se mord la lèvre et ses yeux brillent. L'effort pour ne pas glousser est presque douloureux. Mais une dernière réplique tombe.
-"Oh, bon. Vous aviez compris, hein ! Mais là, il faut que j'y aille, j'ai encore toutes mes questions d'examens à trouver."
-"Je pense que c'est le bon moment pour le faire. A la semaine prochaine Marie-Cécile."
L'intéressée vide les lieux. Une larme roule le long de la joue de Psyché.
Pas de doute, je suis de retour.

Hello, Hello, Baby you called

mercredi 16 juin 2010

Elle est vraiment déchaînée ce mois-ci.

L'effet de la pleine lune sans doute...

Nous déjeunions tranquillement dans notre chatoyante salle des professeurs quand elle bondit sur sa chaise.
-"Oh, oh ! Regardez, regardez ! Un élève."
J'embraye directement. Je ne parviens pas à m'en empêcher... Je sais que c'est facile, mais c'est plus fort que moi.
-"Marie-Cécile, on est dans une école. C'est normal de voir des élèves."
Sans relever elle précise le fond de sa pensée, les fesses montées sur ressort.
-"Il téléphone. Vous vous rendez compte ? Il a son GSM et il téléphone."
Et sans attendre notre réaction, elle se précipite à la fenêtre qu'elle ouvre en grand avant d'éructer de la voix stridente qu'elle n'emploie habituellement que pour exposer les détails les plus enthousiasmants de la révolution russe ou pour exposer le plan Marshall dans toute son intensité dramatique.
Je jette un œil à la victime de ma collègue qui s'empresse de jeter l'objet du délit dans la poche de son baggy. Pourvu qu'il ne se fasse pas trop mal au genou quand le téléphone arrivera au fond.
Mais la suspicieuse Marie-Cécile reste postée à la fenêtre tel le renard à l'affût (bien que la couleur de son poil l'apparente plus au yorkshire).
Elle tend le doigt d'un coup et s'écrie :
-"Ah ! AH ! AH !!!"
Et s'éclipse par la porte la plus proche.
Nous nous lançons des regards entendus. Le règlement d'ordre intérieur prohibe en effet l'usage des portables sur le campus, mais est-ce vraiment raisonnable de se mettre dans des états pareils. Nous avons parfois tendance à perdre de vue qu'il est naturel chez elle.
Elle revient triomphante brandissant le petit appareil.
-"Voilà, je l'ai confisqué !" Sa voix atteint des fréquences dont la plupart nous sont sans doute inaudibles tandis que je m'attends à voir l'écume lui monter aux lèvres. "Il recommençait, hein ! Juste là. Vous vous rendez compte ? Franchement ! Juste là, hein ! Donc je l'ai confisqué."
Elle jette un œil à l'appareil et fronce les sourcils.
-"Je comprends rien à ce qui est écrit. Tu sais décoder toi ?"
Elle me tend le téléphone.
Le langage sms pur jus me laisse un peu perplexe mais au bout d'une ou deux lectures, tout s'éclaire.
Je rends à la fois le bidule à ma collègue et mon verdict, avec un soupçon de reproche dans le regard.
-"Papa dois venir me chercher. Je peux pas téléphoner."

Danger dit-on, la lune est pleine

Il y a carrément des moments où elle me fait peur.
Au premier coup d'œil tout d'abord quand je constate que son tricot asymétrique cache aussi mal son soutien-gorge en haut qu'il ne dissimule pas grand-chose vers le bas de ce que Psyché et moi appelons d'un air entendu "sa bouée".
(Et après c'est elle qui viendra se plaindre que les élèves portent des piercings au nombril. Elles, au moins, elles le voient encore, jalouse !)
Et puis, quand elle me dit, avec un clin d'œil salace.
-"Tu as les traits tirés. Mal dormi ? C'est l'effet de la pleine lune, mmmmh ?"
-"Non, juste une crise d'asthme qui m'a tenu jusqu'à trois heures."
Elle semble un peu surprise, mais reprend, toute frétillante.
-"Ah ! Parce que nous, avec Marc, la lune ça nous fait toujours de l'effet. Alors, cette nuit… houhouhouuuuuuu."
Je l'arrête d'un geste.
-"S'il te plaît, Marie-Cécile ! J'ai pas déjeuné et je me sens un peu nauséeux aujourd'hui. Alors, tu arrêtes tout de suite, hein."

An eye for optical theory

mardi 15 juin 2010

Pour cette rentrée, on peu dire qu'elle n'a pas ménagé ses effets. Feydeau peut aller revoir sa copie et Batman passera pour un timide avec sa tenue noire.

Ce matin, je fus accueilli au son d'un "Bonjour monsieur !" aussi choral que dénué d'ironie par deux classes d'élèves pas trop mal réveillés. Attendri par cette politesse bon enfant, je réponds en souriant à la ronde. Il y a les bronzages "raton-laveur" qui reviennent du ski, les tee-shirts "I love NY" qui rentrent de leur voyage aux States, les "yellow bellies" tout juste de retour de leur périple en Irlande et puis les autres qui ont passé des vacances tranquilles et qui sont juste contents d'être là. L'odeur des branches élaguées la semaine dernière et que l'on a gentiment attendu pour brûler ce matin derrière le bâtiment ajoute une touche supplémentaire à cette ambiance boy scoute.

J'ouvre la porte de ma classe et m'efface pour faire entrer mes ouailles alors que Beate fait son apparition au bout du couloir dans un claquement de talons particulièrement pervers. L'envolée de franges de son ensemble et la respiration houleuse évoquent assez un dodo qui aurait survécu à l'extinction de sa race grâce à une carrière mouvementée au Lido. Bardées de ses énormes sacs, sacoches et autres bagages en tout genre, elle s'arrête à ma hauteur.
-"Salut, ça va; t'as passé de bonnes vacances; t'as vu la veste; ça fait cow-boy, hein; tu ne trouves pas que ça sent le brûlé ?" interroge-t-elle d'une seule traite.
-"On peut dire ça." Dis-je en hochant la tête, m'abstenant bien de préciser à quel tronçon de la question s'applique ma réponse.
Elle tourne sa clé dans la serrure et pousse le battant.
-"Ah bah, Putain !" s'exclame ma collègue, habituellement plus posée, avant de reculer d'un pas et de scruter l'intérieur du local d'un œil puis de l'autre (faisant d'ailleurs resurgir l'analogie ornithologique qui m'avait saisi tout à l'heure).
-"Oh non, c'est rien !" finit-elle par conclure dans un haussement d'épaules gloussant. "Je croyais que la classe était en feu mais c'était juste les nuages par la fenêtre. C'est mon œil gauche qui déconne."
Et sans épiloguer, elle s'engouffre à l'intérieur.
Ses élèves la suivent, leur regard croisant le mien au fur et à mesure. J'y lis rarement de l'amusement. Le plus souvent il exprime une perplexité résignée, une incrédulité renouvelée voire une légère angoisse un peu justifiée quand même.
Y'a pas, deux semaines c'est pas suffisant. J'en connais qui auraient bien besoin de looooooongues vacances.

You're just too funky for me

lundi 14 juin 2010

Corrections des examens aidant, il me semble approprié en ce joli mois de juin de rendre hommage à un personnage que vous connaissez bien si vous nous suivez depuis un certain temps. Tout au long de cette semaine vous pourrez donc découvrir ou redécouvrir un florilège des meilleures interventions de ma plus improbable collègue. Je veux bien sûr parler de Marie-Cécile.

Pour ceux qui auraient du mal à la remettre, j'en ai déjà parlé ici, , ou encore .


Où que l'on travaille, il ne faut pas chercher très loin pour trouver un collègue dont l'aptitude à proférer des énormités contribue à la bonne humeur du service.
Inculture, irresponsabilité ou art de marcher systématiquement à côté de ses pompes (voire les trois possibilités) la probabilité que Marie-Cécile dise quelque chose de parfaitement inapproprié avoisine les 90%.

Ca faisait longtemps que je n'avais plus rapporté l'une où l'autre bourde de ma chère collègue. Ce n'est pas qu'elle dit moins de conneries, je crois. Juste que je dois être un peu habitué maintenant.
On me demandait hier de donner mon avis sur un élève arrivé en début d'année.
-"A le voir ainsi, on pourrait croire avoir affaire à un type mûr et réfléchi. Mais il suffit de l'avoir cinq minutes en classe pour comprendre qu'il a juste grandi un peu vite. C'est un vrai gamin. Son copain, d'ailleurs, c'est Thor. Ca en dit déjà long. Je pense qu'il n'a même pas idée de ce que signifie l'adjectif – sérieux – comme dans l'expression – un travail sérieux –."
Marie Cécile renchérit.
-"Oh ben je suis bien d'accord. Vous avez vu son nouveau truc, la bande de tissu léopard sur sa veste en cuir. – Ca fait rock n' roll. – qu'il me dit. Moi j'ai répondu que ça venait plutôt d'un chemisier de mémère." Elle s'arrête net, rougit, se retourne vers Suzanne, 51 ans, notre collègue de géographie et l'assomme d'un "Oh pardon, Suzanne, tu en portes peut être encore des comme ça."

I've got nothing left to lose. You take your time to choose

dimanche 13 juin 2010

"Mais tue la, cette pintade !" a sifflé le Graphopathe dans mon dos alors que nous passions jeter un coup d'œil (médusé, il faut le préciser) au blog.
Rétrospectivement, je ne me souviens plus trop de ce que je pouvais avoir en tête quand j'ai accordé les privilèges d'administrateur à Griotte.

L'important au final, c'est que cette erreur ait été corrigée.

Après une fermeture éclair, j'en profite donc pour changer le layout et redonner un soupçon d'énergie à ce site qui avait un peu trop tendance à languir ces derniers temps.

Pour l'heure, je dois aller accomplir mon devoir de citoyen (on vote chez nous aujourd'hui) et j'y vais avec un enthousiasme que résume parfaitement cet extrait d'un mail reçu dans le courant de la semaine :

"Mais j'imagine que ton "devoir" électoral est sans doute le cadet de tes soucis, en tout cas c'est le mien... je crois que le serais capable de voter Lady Gaga Présidente de l'UE, ce ne serait pas plus efficace sur le plan politique mais cela mettrait un peu d'ambiance et de fantaisie dans cet univers glauque et terne, et, en plus, elle porte mieux les résilles que Van Rompuy (et elle bouge mieux^^)"


(Oui je sais Dan… on s'arrangera pour le copyright plus tard)